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Vendredi 23 juin 2017
Paris janvier 2014, le Louvre
 

 
 
Le Louvre. Et sa grande salle rouge brique, rouge de Venise, terre de Sienne brûlée, enfin, cette grande salle rouge où s'empilent et défilent les grands Massacres de Scio, Mort de Sardanapale, Liberté guidant le peuple, Sacre de Napoléon et autres immenses chefs-d’œuvre. Et le monde entier qui circule là, et les proportions gigantesques, le bruit que font les gens et les tableaux tous réunis, très serrés, parfois mal, mal vus. Mais c'est une galerie magnifique, qui nous transporte dans le 19ème siècle où l'accrochage était chargé, les murs tendus de tapisserie. C'est un voyage dans le temps et un capharnaüm.

On devrait pouvoir regarder ces grands formats autrement. On se fait mal au cou pour regarder tout en haut des tableaux dont on ne voit que des surfaces brillantes, des reflets, des embus.Il faudrait aménager un très grand espace clair, ailleurs, avec de la lumière naturelle, prendre soin que cette lumière soit diffuse, qu'il n'y ait pas d'ombres portées, juste la lumière du jour, grise, bleue, chaude, changeante. Et on décrocherait un de ces grands tableaux de la galerie rouge, et on le mettrait là, et on aurait du recul pour le contempler tout seul, dans un espace d'étude. Au bout d'un certain temps, l’œuvre retournerait sur les cimaises avec ses voisines . Mais dans cet espace très contemporain,on aurait le temps de regarder car il y aurait des fauteuils. On pourrait se rapprocher des zones éloignées du tableau, pour se mettre à la place de l'artiste quand il était en train de travailler. On pourrait à cette occasion, montrer des études qui mettraient en lumière le contexte de création, des documents pour comprendre. Après cet espace de silence et d'observation approfondie, on retournerait dans la ville Louvre pour se perdre à nouveau et repartir à l'aventure.

Il y a tant de tableaux magnifiques à des endroits incroyables. Velázquez est là dans le coin d'une petite salle. C'est Pérugin dans un coin qu'on risque de rater si on ne fait pas attention. Les Léonard de Vinci sont alignés les uns à côté des autres dans la grande galerie sans traitement de faveur, à part la Joconde évidemment, qui a un mur à elle toute seule. Mais elle est derrière une vitre blindée, il y a des gardiens et la foule massée derrière les cordons de sécurité.

J'ai visité le Métropolitain, c'est somptueux. L'accrochage met en valeur chaque tableau soigneusement choisi. Au Louvre c'est la foire d'empoigne, il y a tout le monde. Au Louvre il y a parfois des œuvres si laides, ou étranges, ou tombées dans l'oubli qu'elles sont un défi pour le regard et la réflexion. Mais ce trop plein d’œuvres, ce gigantisme rendent le Louvre passionnant. Il se passe toujours quelque chose. La route n'est pas toute tracée, c'est plein d’embûches, de surprises, c'est un endroit vivant, populaire, cosmopolite, avec ses avenues très fréquentées, et ses places tranquilles, les passages peuplés et les quartiers endormis.
J'aime y passer des heures, et au moment de partir, je traverse encore des salles pour rejoindre la sortie et je laisse à regret tous les artistes que je n'ai pas pu visiter. 
 
 
 
             

 
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